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Peut-être
pense t-il à cette femme blonde venue du Nord, dont
il a été follement amoureux. Il avait bien
essayé de la suivre, mais il n'avait pas pu ;
son monde n'est pas le sien. Il avait laissé avec
elle un enfant déjà grand, blond aux yeux
sombres.
Il est revenu ici, "le touareg revient toujours à
son premier campement" dit le dicton. Il a besoin des
grands espaces de l'erg, de la divine courbure des dunes,
de cet air doux et sec cinglant sa peau tannée. Il
a besoin de cette liberté naturelle qui est la sienne.
Peut-être est-il fatigué par ces gens qu'il
accompagne, qui racontent des histoires d'un autre monde
qu'il trouve souvent ridicules. Et s'il était plus
heureux qu'eux ? Et s'il avait peur de devenir comme
eux ?
Peut-être est-il triste aussi car ils le mènent
jusqu'à cette femme qu'il ne peut oublier, lui rappelant
en même temps tout ce qui le sépare d'elle.
Heureusement, certains jours, lorsque la lumière
est complice, son regard s'envole au-delà de la dune,
caressant la blanche rondeur de ses formes et la finesse
de son grain de peau. Ces jours-là, il sent sa présence ;
en respirant fort, il peut humer son parfum, comme si elle
était là.
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