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Dans
la pénombre, l'homme bleu se tait. On le devine plus
qu'on ne le voit ; fantôme enveloppé dans
ses draperies claires, chiffonnées, abandonnées
négligemment sur sa couche. Comme après l'amour.
On le devine car des éclairs fusent de ses yeux lorsqu'ils
rencontrent les flammèches qui dansent dans le foyer
de braise. Je scrute l'obscurité pour saisir le moment
où nos yeux se rencontrent.
A ce moment-là, je lui lance un "ça va"
interrogatif, rituel ; "ça va" répond-il
toujours, tout aussi nonchalamment, ajoutant avec lassitude...
"un peu fatigué". Je ne lui demande pas
ce qui le fatigue.
Plus que de la lassitude, c'est une impression mystérieuse
de tristesse flottante que je ressens chez lui. De quoi
peut-il donc être fatigué ou triste ?
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