Nous
étions venus pour avoir le ciel étoilé
comme toit, nous étions venus pour respirer cet
air à la fois chaud, doux, léger, caressant
et quelques fois délicieusement frais, nous étions
venus pour tracer notre chemin sur une page de sable blanc.
"Le chemin se fait en marchant" dit le proverbe
espagnol ; ici, dans le désert, c'est vrai
plus qu'ailleurs. Notre marque n'est jamais aussi belle,
ni aussi conforme à ce que nous sommes, que celle
qui se calque sur la dune molle, comme dans un miroir,
mais jamais aussi éphèmère, symbole
de notre brièveté dans le temps cosmique.
Le désert nous ramène à ce que nous
sommes, nus face à notre réalité.
S'y rendre, c'est aller à la rencontre d'un raccourci
de nos vies au fil des heures passées dans cette
épure, avec ses joies et ses peines, sa clarté
et ses ténèbres.
Une dune est un être vivant, au féminin.
Lorsqu'elle expose ses formes lascives, éblouissantes
sous le soleil cru, impudiques, tantôt formes graciles,
rampantes le long des ergs infinis, tantôt lovée
dans les bras gréseux des roches protectrices.